Halte au gaspillage alimentaire : le projet MED-3R encourage l’utilisation des doggy bags dans les restaurants

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, un tiers des aliments produits dans le monde pour la consommation humaine chaque année sont gaspillés. Les pertes et gaspillages concernent toute la chaîne d'approvisionnement alimentaire - de la production, fabrication, vente jusqu’à la consommation. La plupart des gaspillages se produisant lors du stade final de la chaine de valeur alimentaire (consommation au niveau des ménages, restaurants et services de restauration), le projet MED-3R a mis en place une action pilote auprès de plus de 70 restaurants de la ville de Nice (France). Voici les résultats de cette campagne. 

Le gaspillage alimentaire : des conséquences environnementales, économiques et sociales 

Environ 90 millions de tonnes de denrées alimentaires sont gaspillés chaque année en Europe (source : Commission européenne) tandis que la tendance est plus ou moins semblable pour la région méditerranéenne. De nombreuses études montrent que le gaspillage alimentaire a des conséquences sévères sur le climat, l’eau, l’utilisation des terres et la biodiversité notamment en raison d’activités agricoles intenses et des émissions de gaz à effet de serre. En plus des pertes économiques pour les producteurs et des coûts de ramassage et traitement, les déchets alimentaires posent une question morale : comment peut-on permettre qu’un tiers des aliments produits soient gaspillés alors que 870 millions de personnes dans le monde souffrent de malnutrition ?

Une campagne pour convertir les restaurants et les clients à la culture du doggy bag 

Dans le but de réduire les déchets alimentaires dans le secteur de la restauration, le projet MED-3R a conduit une campagne visant à promouvoir l’utilisation des doggy bags auprès de plus de 70 restaurants situés dans la ville de Nice (France). Les portions souvent trop généreuses et la difficulté à planifier les achats des produits alimentaires sont souvent décrites comme les principales causes des déchets générés par les restaurants. En outre, les clients sont rarement encouragés à ramener chez eux les restes de repas, contrairement à se qui fait notamment aux Etats-Unis. 

Même si les >"vieilles habitudes ont la vie dure", la distribution de 2500 doggy bags, sacs à vin et de transport organisée par le projet MED-3R au cours des derniers mois semble avoir porté ses fruits en ce qui concerne le comportement des restaurateurs et des clients par rapport aux restes de repas. 

"Si les doggy bags sont proposés, je les accepterai"

La campagne contre le gaspillage alimentaire menée par MED-3R a séduit aussi bien les restaurants que leurs clients. Une enquête montre que 95% des restaurateurs ne considèrent pas l’utilisation du doggy bag comme une perte de temps. Une majorité d’établissements impliqués ont l’intention de proposer ce service à leur clientèle car cette pratique peut véhiculer une image positive pour les restaurants. De leur côté, les clients apprécient la possibilité de consommer les restes d’un repas à la maison car ils sont généralement gênés de demander un doggy bag.

Une dernière équation reste à résoudre pour favoriser l’utilisation du doggy bag dans l’espace méditerranéen : le nom anglais "doggy bag" se maintiendra-t-il ou sera-t-il remplacé par mot en français ?

Reportage vidéo par la Chambre de Commerce de Nice

Reportage vidéo par Nice TV 

24.07.2014