La coopération transfrontalière, une voix pour les collectivités locales et régionales dans les relations euro-méditerranéennes

Un rapport sur la coopération transfrontalière a été adopté aujourd’hui par l'ARLEM, l'organe du Comité Européen des Régions chargé des relations euro-méditerranéennes. Le rapport met l'accent sur la contribution des collectivités locales et régionales aux processus de coopération dans une région méditerranéenne en mutation.

 

Depuis leur lancement dans le cadre de la Politique Européenne de Voisinage en 2007, les programmes de coopération transfrontalière ont joué un rôle important dans la transformation des besoins territoriaux en initiatives tangibles mises en œuvre en réponse à des défis communs, notamment le développement inclusif et durable, la création d'emplois et le changement climatique.

La participation des collectivités locales et régionales (CLR) dans les programmes de coopération transfrontalière a été significative, les CLR représentant, par exemple, près de 20% des acteurs impliqués dans le programme IEVP CT Bassin Maritime Méditerranée 2007-2013.

Comment tirer parti de cette dynamique et renforcer l'appropriation des programmes de coopération transfrontalière par les collectivités territoriales, en veillant à ce que les projets financés abordent des questions prioritaires pour le développement territorial et fournissent des solutions concrètes aux problèmes quotidiens des citoyens ?

Ces questions sont au cœur d'un nouveau rapport élaboré par le Président de la Région Autonome de Sardaigne M. Francesco Pigliaru et adopté lors de la huitième session plénière de l'Assemblée Régionale et Locale euro-méditerranéenne (ARLEM) qui s’est tenue le 23 février 2017 à Malte*, dans le cadre de la Présidence maltaise du Conseil de l'Union européenne. Au sein du Comité Européen des Régions, l'ARLEM vise à favoriser un dialogue direct entre les élus méditerranéens et l'Union européenne ainsi qu'à promouvoir la coopération interrégionale.

Le rapport a été conçu à la suite de consultations avec les membres de l'ARLEM, les institutions de l'UE, les ministères, les réseaux, les organisations de la société civile et les autorités de gestion des programmes de coopération transfrontalière.

Tout en analysant les récentes transformations politiques en Méditerranée et les questions les plus cruciales auxquelles la région est confrontée - les tensions politiques, les conflits, l'instabilité économique, les flux migratoires, le chômage des jeunes, la dégradation de l'environnement - le rapport souligne la capacité des CLR à transformer les défis en opportunités « en renforçant la coopération et en travaillant sur des solutions communes et des approches novatrices pour un développement durable et inclusif ».

En outre, le rapport examine les résultats obtenus par différents types de programmes transfrontaliers, notamment IPA II (dédié aux pays de la Méditerranée orientale candidats ou candidats potentiels à l'adhésion à l'UE), Interreg V-A et IEVP CT. Bien que caractérisé par des objectifs politiques et des contextes géographiques distincts, le rapport reconnaît que la participation des CLR est « une des clés de la réussite de la mise en œuvre des programmes transfrontaliers ».

En ce qui concerne le Programme IEVP CT Med - la plus grande initiative multilatérale méditerranéenne financée par l'UE dans le cadre de la Politique Européenne de Voisinage - le rapport précise que, bien qu’il s’agisse d'une première expérience de coopération transfrontalière impliquant aussi bien des collectivités locales des Etats membres et des pays partenaires, les actions conjointes entreprises peuvent « avoir un impact et une influence sur les politiques en Méditerranée ».

L’IEV CTF Med, la deuxième génération du Programme, a pour ambition de favoriser une coopération solide entre ministères, collectivités territoriales, universités, le secteur privé et la société civile afin de relever les principaux défis économiques, sociaux et environnementaux de la région méditerranéenne. Le Programme continuera à être géré par la Région Autonome de Sardaigne.

Lire le rapport « La coopération transfrontière dans la région méditerranéenne » (projet de rapport)

* M. Pigliaru était représenté par M. Vincenzo Bianco, maire de Catane et chef de la délégation italienne au Comité des Régions, lors de la présentation du rapport à la session plénière de l'ARLEM.

23.02.2017